Handicap & Inclusion
Expérimenter le handicap pour mieux inclure : et si la SEEPH changeait vraiment les regards ?

Chaque année, la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées (SEEPH) est l'occasion de remettre le handicap au cœur des discussions en entreprise. Pourtant, une question se pose : comment faire en sorte que cette sensibilisation laisse une véritable empreinte ? Car connaître le handicap est une chose. Le comprendre en est une autre.
– La SEEPH : un temps fort pour faire évoluer les regards
– Un événement qui mobilise toute l'Europe
Créée en 1997 par l'Agefiph et LADAPT, la SEEPH a pour objectif de favoriser l'accès à l'emploi et le maintien dans l'emploi des personnes en situation de handicap. Chaque année, entreprises, collectivités, écoles et associations organisent des centaines d'actions pour sensibiliser, informer et promouvoir une société plus inclusive. Au-delà des événements organisés pendant une semaine, cette mobilisation rappelle surtout que le handicap reste un sujet encore méconnu dans le monde professionnel. Et c'est justement cette méconnaissance qui entretient de nombreuses idées reçues.
– Le handicap est bien plus divers qu'on ne l'imagine
– Le fauteuil roulant ne représente qu'une petite partie du handicap
Lorsqu'on pense au handicap, beaucoup imaginent spontanément une personne en fauteuil roulant. Pourtant, selon l'Agefiph, près de 80 % des handicaps sont invisibles. Ils regroupent notamment les maladies chroniques, les troubles psychiques, les troubles cognitifs (DYS, TDAH…), certaines déficiences auditives ou visuelles, ou encore les séquelles de maladies comme le cancer. Parce qu'ils ne se voient pas, ces handicaps sont parfois mal compris. Une fatigue importante peut être interprétée comme un manque de motivation. Des difficultés de concentration peuvent être perçues comme un manque d'implication.


– Le handicap peut concerner chacun d'entre nous
Contrairement à une idée reçue, on ne naît pas toujours avec un handicap. Il peut apparaître après un accident, une maladie chronique, un traitement médical ou simplement avec le vieillissement. Certaines situations sont temporaires. D'autres évoluent progressivement. Autrement dit, le handicap n'est pas une réalité qui concerne uniquement une minorité de personnes. Chacun peut y être confronté au cours de sa vie.
– Pourquoi parle-t-on aujourd'hui de « situation de handicap » ?
– Une nouvelle manière de voir le handicap
Depuis plusieurs années, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) privilégie la notion de situation de handicap. L'idée est simple : le handicap ne dépend pas uniquement de la personne. Il apparaît aussi lorsque son environnement n'est pas adapté. Cette approche change profondément la manière de penser l'inclusion. Elle invite les entreprises à ne plus se demander uniquement comment accompagner une personne, mais aussi comment adapter leur organisation.
– L'environnement fait souvent la différence
Imaginons une personne malentendante qui participe à une visioconférence. Sans sous-titrage, avec plusieurs personnes qui parlent en même temps et une mauvaise qualité sonore, suivre les échanges devient difficile. À l'inverse, avec un bon micro, des sous-titres automatiques et une prise de parole organisée, cette même réunion devient beaucoup plus accessible. Le handicap est toujours présent. Ce sont les obstacles qui diminuent. Cette vision montre que de nombreux freins peuvent être levés grâce à des adaptations parfois très simples. Encore faut-il connaître les besoins des personnes concernées.
– Handicap, incapacité, invalidité : des notions différentes
Ces trois termes sont souvent employés comme des synonymes. Pourtant, elles sont bien différentes :
– Le handicap
Le handicap correspond aux limitations qu'une personne rencontre dans certaines situations de la vie quotidienne ou professionnelle.
– L'incapacité
L'invalidité est une notion administrative reconnue par l'Assurance Maladie lorsqu'une personne voit durablement sa capacité de travail diminuer. Une personne peut donc être reconnue en situation de handicap sans être invalide, et inversement. Mieux comprendre ces différences permet aussi de mieux connaître les dispositifs qui existent pour accompagner les salariés.
– L'invalidité
Une politique RH ne consiste pas seulement à proposer des avantages. Elle doit aussi prévenir les situations qui peuvent fragiliser les salariés.Une charge de travail excessive, un manque de reconnaissance ou une mauvaise organisation peuvent rapidement créer du stress et nuire à l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. L'INRS rappelle que la prévention des risques psychosociaux doit s'appuyer sur des actions collectives. Autrement dit, accompagner un salarié en difficulté est important, mais il est encore plus efficace d'agir sur les causes du problème.
– La RQTH : un dispositif encore méconnu
– À quoi sert la RQTH ?
La Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) permet d'accéder à différents accompagnements. Elle peut faciliter l'aménagement du poste de travail, l'adaptation des horaires, certaines formations ou encore l'obtention d'aides pour financer des équipements spécifiques.
– Pourquoi certaines personnes hésitent à la demander ?
– Tous les handicaps ne sont pas permanents

– Les handicaps temporaires
Après une opération, un accident ou un traitement lourd, certaines limitations peuvent durer plusieurs semaines ou plusieurs mois.
– Les handicaps évolutifs
Des maladies comme la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson évoluent progressivement. Les besoins d'aménagement changent donc avec le temps.


– Les handicaps fluctuants
C'est un aspect souvent méconnu. Certaines pathologies connaissent des périodes où les symptômes sont presque absents, puis des phases beaucoup plus difficiles. C'est notamment le cas de l'endométriose, de la maladie de Crohn, de la polyarthrite rhumatoïde ou encore de certains troubles psychiques. Cette variabilité explique pourquoi certaines personnes semblent aller très bien un jour… et beaucoup moins le lendemain.
– Pourquoi expérimenter le handicap est si marquant ?
– Notre cerveau retient mieux ce qu'il vit
Le psychologue David Kolb a montré que nous apprenons davantage grâce à l'expérience qu'à une simple transmission d'informations. Une conférence permet de comprendre. Une expérience immersive permet de ressentir. C'est pourquoi les ateliers de sensibilisation laissent souvent une empreinte durable.
– L'objectif n'est pas de reproduire le handicap
Porter des lunettes simulant une déficience visuelle ou utiliser un fauteuil roulant pendant quelques minutes ne permet pas de comprendre pleinement le quotidien d'une personne concernée. En revanche, ces expériences montrent qu'une tâche simple peut devenir difficile lorsque l'environnement n'est pas pensé pour tous. Elles ouvrent ensuite le dialogue sur les solutions qui existent pour rendre le travail plus accessible.
– Les idées reçues restent un frein à l'inclusion
– Les aménagements ne sont pas forcément coûteux
Certaines entreprises hésitent encore à recruter ou à maintenir dans l'emploi une personne handicapée par crainte du coût des adaptations. Pourtant, selon l'Agefiph, la majorité des aménagements sont simples et peu coûteux. Modifier les horaires, fournir un casque antibruit, adapter un logiciel ou permettre quelques jours de télétravail peuvent parfois suffire à améliorer les conditions de travail.
– Sensibiliser pour mieux travailler ensemble
Finalement, la sensibilisation ne vise pas à susciter la compassion. Elle permet surtout de mieux comprendre les réalités du handicap, de déconstruire les stéréotypes et de créer un environnement où chacun peut exercer son métier dans de bonnes conditions.
– Une sensibilisation qui peut se vivre toute la semaine

Pour accompagner les organisations, nous proposons une SEEPH digitale réunissant des vidéos d'experts sur les différents types de handicap, des vidéos immersives en POV pour découvrir certaines situations du quotidien, des webinaires interactifs ainsi que des newsletters diffusées tout au long de la semaine. Une solution simple pour sensibiliser tous les collaborateurs, quel que soit leur lieu de travail. Ça vous tente ?
